Quand deux associés ne s’entendent plus sur une décision, la société se bloque et les projets attendent. Mais la brouille n’oblige pas forcément à aller au tribunal.
Vous vous demandez si une discussion guidée peut suffire. Cet article explique ce qu’est la médiation, comment elle se déroule, quand la choisir et ce que vaut son accord.
Qu’est-ce que la médiation entre associés ?
La médiation entre associés est une discussion organisée hors du tribunal. Un médiateur, choisi par vous, aide à renouer le dialogue. Il ne tranche pas et n’impose rien.
Bloqués sur une décision ? Avant de vous retrouver devant un juge, essayez cette voie, surtout si vous voulez encore travailler ensemble.
Trois voies
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Conciliation
Le tiers peut proposer une solution. Vous pouvez la refuser.
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Médiation
Le médiateur ne propose rien. Il aide les associés à bâtir la leur.
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Arbitrage
L’arbitre tranche le litige. Sa sentence s’impose aux parties.
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Trouver un médiateur
Cherchez-le sur la liste de la cour d’appel de votre ressort. Pour clarifier votre position, voyez le coaching de dirigeant.
Quand la médiation est-elle la bonne voie ?
La médiation convient quand vous voulez continuer à travailler ensemble. Vous y cherchez une solution choisie par vous, et non tranchée par un juge.
Un désaccord sur une obligation du pacte s’y prête. Si votre associé est encore prêt à discuter, proposez-la avant de sortir les avocats.
Quand le juge doit intervenir
Médiation
- Le désaccord porte sur la gestion, sans risque immédiat pour la société.
Juge en urgence
- Imaginez un associé qui s’apprête à vider le compte de la société : le dommage est sûr si rien ne change.
- Un simple risque ne suffit pas. Demandez une mesure conservatoire ou une remise en état, et gardez la médiation en parallèle.
Comment se déroule une médiation, étape par étape ?
La médiation suit quatre étapes. D’abord, chaque associé expose les faits et sa version du conflit. Le médiateur vous aide ensuite à cerner vos besoins réels.
Puis vous examinez ensemble les solutions possibles. Si vous en trouvez une, vous la formalisez et la signez. Après des heures de discussion, on signe vite : relisez quand même chaque chiffre.
Pour anticiper le temps et le budget, voyez les questions fréquentes sur le déroulé :
- Durée : un à trois mois en moyenne pour une médiation d’entreprise.
- Honoraires du médiateur : de 200 à 300 € HT de l’heure, frais annexes en plus.
- Frais partagés : à parts égales, sauf accord contraire entre vous.
- Avocats : leur coût dépend des honoraires convenus avec chacun.
Ce qu’une clause de médiation doit prévoir
Une clause peut imposer une tentative de médiation avant de saisir le juge, pour les différends qu’elle vise. Sans clause, la médiation ne se fait qu’avec l’accord de tous, une fois le conflit né.
Prévoyez-la dès le pacte, quand tout le monde s’entend encore. Négocier en pleine brouille est bien plus dur.
Pour servir vraiment, une clause doit préciser :
- les différends visés, par exemple ceux liés à l’exécution du pacte ;
- le médiateur, choisi ensemble ou, à défaut, par une structure de médiation ;
- les étapes et le délai de la médiation ;
- la répartition des frais entre les associés ;
- le droit, pour chaque associé, de demander une mesure urgente au juge pendant la médiation.
Confidentialité et valeur de l’accord
Sauf accord contraire, ce qui se dit et se rédige pour la médiation reste confidentiel. Les pièces déjà produites, elles, ne sont pas couvertes.
La confidentialité tombe pour un motif d’ordre public, l’intérêt d’un enfant ou l’intégrité physique ou psychologique d’une personne. Ne comptez pas sur le secret pour couvrir un danger.
Un accord signé par les seuls associés n’a pas de force d’exécution : si l’un d’eux ne le respecte pas, l’autre doit recommencer devant le juge. Pour donner cette force à l’accord, il y a deux voies : le juge l’homologue, ou les avocats le contresignent et une demande écrite en deux exemplaires est adressée au greffe pour obtenir la formule exécutoire.
Médiation, mandataire ad hoc, dissolution : où passe la frontière ?
Le mandataire ad hoc
Le mandataire ad hoc ne prend pas les commandes de la société. Le juge lui confie une mission précise, par exemple représenter la société pour un acte déterminé. Le dirigeant garde ses autres pouvoirs de gestion.
La demande se fait en référé, la procédure rapide. Le but : éviter un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite. Si vous voulez seulement vous entendre, la médiation fait mieux l’affaire que le juge, qui ne réconcilie personne.
L’administrateur provisoire
L’administrateur provisoire va beaucoup plus loin que le mandataire ad hoc. Il remplace les dirigeants et reçoit la gestion générale de la société. Le juge ne l’utilise donc que dans les cas graves.
Le juge ne peut le nommer que si deux conditions sont réunies : le fonctionnement normal de la société est impossible, et un péril imminent la menace. Si une seule est remplie, le juge refusera la demande.
La dissolution judiciaire
Les recours judiciaires n’ont pas la même portée : seule la dissolution met fin à la société.
| Critère | Mandataire ad hoc | Administrateur provisoire | Dissolution judiciaire |
|---|---|---|---|
| Effet | Mission précise | Gestion générale | Fin de la société |
| Condition | Un acte bloque la société | Fonctionnement impossible et péril imminent | Justes motifs : une mésentente qui paralyse la société |
| Limite | Il ne gère pas la société | Un simple blocage | Une mésentente seule, un refus d’assemblée ou des anomalies de gestion |
Arriver à la médiation avec une position claire
Arrivez en médiation avec une position écrite : un associé qui ne sait pas ce qu’il veut passe la séance à le découvrir.
Pour répartir les décisions par domaine, préparez votre position seul ou avec un coach. Il vous aide à clarifier vos demandes, sans remplacer le médiateur. Venir les mains vides, c’est payer une séance pour rien.
Pour la première séance, préparez ces éléments, et pas seulement vos arguments :
- Le pacte d’associés et les statuts, pour retrouver les engagements concernés.
- Les comptes utiles et les échanges sur le désaccord, pour exposer les faits.
- La liste des décisions à prendre.
- Les points où vous pouvez faire un compromis.
- Les points qui demandent un avis juridique.
Retenez-le : la médiation ne donne pas de décision toute faite. Le médiateur ne tranche rien, et la solution vient de vous.
Si le conflit n’est pas encore né, prévoyez une clause dans le pacte. S’il est déjà né, proposez la médiation à votre associé avant les avocats, avec une position écrite.
Foire aux questions
La médiation entre associés est-elle obligatoire avant de saisir le juge ?
Non, pas toujours. Elle devient obligatoire seulement si une clause de médiation du pacte prévoit une tentative préalable pour le différend.
Sans clause, elle ne se fait que si tous les associés sont d’accord. Relisez donc votre pacte : c’est elle qui décide.
Combien coûte une médiation entre associés ?
Comptez 200 à 300 € HT de l’heure pour le médiateur, hors frais annexes. Le total dépend donc du nombre d’heures : plus la discussion traîne, plus la facture grimpe. Les frais se partagent à parts égales, sauf accord contraire entre vous.
Un médiateur peut-il imposer une solution aux associés ?
Non. Le médiateur ne tranche pas le litige et ne peut pas vous imposer de solution. Il vous aide à discuter et à trouver un accord.
Si rien ne vous convient, vous sortez sans rien signer : c’est votre signature qui engage les associés.
Que se passe-t-il si un associé ne respecte pas l’accord de médiation ?
Si un associé ne respecte pas l’accord, vous ne pouvez pas le contraindre seul. Un accord signé entre vous n’a pas de force d’exécution. Pour l’obtenir, faites-le homologuer par le juge ou demandez une formule exécutoire, qui permet l’exécution forcée.



