Pièce n° 11 · Aile du visiteur
La Salle des bifurcations
Vous êtes ici parce qu’un chemin ne ressemble plus tout à fait à celui que vous aviez choisi.
Choisissez une porte. Elle ne décidera rien à votre place.
À l’écart des autres, une porte plus simple. Le maître des lieux l’a prise, un jour.
La carte de vos bifurcations
Aucune porte ouverte pour l’instant. Le chemin se dessine à mesure que vous avancez.
Aucune de ces portes n’était la bonne. Certaines étaient seulement plus utiles que d’autres, aujourd’hui.
Toutes les portes en version texte
Continuer à faire comme avant. Un couloir que vous connaissez par cœur. Mêmes tableaux, même lumière, même petite tache au plafond. Qu’est-ce que cette voie vous permet de préserver ? Et qu’est-ce qu’elle vous coûte ?
Faire grandir l’entreprise. Une pièce immense, encore vide. Au sol, un plan coté au crayon, plein de flèches qui partent vers les murs. Qu’aimeriez-vous que la croissance rende possible, au-delà du chiffre ?
Ralentir. Un escalier aux marches plus basses que d’habitude. On monte quand même. Juste moins essoufflé. Qu’est-ce qui pourrait ralentir sans s’arrêter ?
Tout changer. Il faut se baisser pour passer. De l’autre côté, une pièce identique. Sauf un tableau, accroché à un autre mur. Si une seule chose changeait, laquelle ferait le plus de différence ?
Transmettre ou vendre. Un trousseau de clés posé sur une table, avec une étiquette écrite à la main : « Pour la suite. » Qu’aimeriez-vous voir continuer après votre départ ?
Changer de cap. Une boussole posée sur un bureau. L’aiguille hésite un moment, puis se fixe. Qu’est-ce que vous savez déjà ne plus vouloir ?
Ne pas décider aujourd’hui. Une salle d’attente. Une seule chaise, une horloge qui avance normalement, un magazine de l’an dernier. De quoi avez-vous besoin pour que l’attente devienne un choix, plutôt qu’un évitement ?
Revenir en arrière. Certaines portes ne se rouvrent pas. Qu’est-ce qui, chez vous, peut encore se rouvrir ?
Je ne sais pas encore. Une pièce lumineuse. Une chaise. Une carte vierge, posée sur la table. Ne pas savoir peut être un endroit depuis lequel commencer.
Retour à l’essentiel (Celle que j’ai prise). Une porte de secours, au fond d’un atelier d’imprimerie où j’avais fait entrer mes machines peu de temps avant. Elles tournaient encore, mais plus rien ne tournait rond. J’ai poussé la porte en tenant deux choses : mon équipe historique, qu’il fallait protéger, et une autre maison, encore saine, qu’il fallait mettre à l’abri. Puis j’ai tout redéménagé, vite. Comme en médecine de terrain : on trie, on sauve ce qui peut l’être, on repart. Si vous ne deviez emporter que l’essentiel, que prendriez-vous en passant cette porte ? De l’autre côté, il y avait moins de choses. Et beaucoup plus de place.
