Exercices pour gagner en assertivité en réunion

Vous sortez d’une réunion en vous disant que vous auriez dû parler, et c’est agaçant.

Le problème : comment dire ce que vous pensez sans vous fâcher ni vous effacer ? Cet article vous donne des exercices simples, avec des phrases prêtes à dire dès votre prochaine réunion.

Exercices pour gagner en assertivité : ce que le mot recouvre en réunion

Assertivité, passivité, agressivité : trois postures distinctes

Santé publique France définit l’assertivité comme la capacité d’exprimer avec confiance et respect ses opinions, besoins, valeurs et émotions. Ce n’est ni se taire poliment, ni hausser le ton.

En réunion, imaginez un budget contesté. Le passif hoche la tête et accepte la baisse. L’agressif coupe le responsable et qualifie le chiffre d’absurde. L’assertif expose ses raisons, puis demande ce que pense l’autre.

Trois postures en réunion

  • Passivité

    Vous taisez vos idées, même quand elles diffèrent de celles de l’autre. Le budget baisse, et vous hochez la tête.

  • Agressivité

    Vous imposez votre idée sans égard pour l’autre. Vous coupez la parole, et la relation se dégrade.

  • Assertivité

    Vous dites votre position avec respect, puis vous laissez l’autre répondre.

Ce qu’une réunion demande réellement à celui qui parle

En réunion, l’enjeu n’est pas de gagner le débat. Il est de rendre votre position claire, puis de laisser la réponse à l’autre. Les exercices qui suivent vous aident à y arriver.

Pour savoir dire non sans froisser votre interlocuteur, voyez parcours en autonomie pour s’affirmer. Une liste de dix exercices lus une fois s’oublie vite : prenez-en deux et répétez-les.

Préparer sa prise de parole, un point de l’ordre du jour à la fois

Notez chaque situation tendue de la semaine. Repérez celle qui revient le plus souvent.

Choisissez ensuite un seul point de l’ordre du jour. Notez ce que vous voulez obtenir, votre message principal et la personne à qui vous parlerez.

Où en êtes-vous de votre assertivité en réunion ?
Cochez les situations que vous reconnaissez, pour repérer celle que vous travaillerez en premier.

C’est la posture passive : vous taisez une idée qui diffère de celle des autres.

C’est la posture agressive, qui dégrade la relation sans faire avancer le fond.

Choisir un seul point de l’ordre du jour rend la prise de parole plus simple.

La méthode DESC commence par nommer le fait, sans le grossir.

Reconnaître la demande, donner une raison courte, puis proposer une alternative suffit.

Nommer la coupure et demander deux minutes permet de garder le fil.

Ce geste aide à faire une place à chacun, y compris aux personnes silencieuses.

Répéter une phrase la rend naturelle le jour où vous en avez besoin.

Visez un seul point : en vouloir trois, c’est risquer de n’en obtenir aucun.

Pour vous entraîner à demander clairement, parlez à voix haute, seul, avant la réunion :

  • Annoncez votre proposition en une phrase, puis donnez une raison concrète.
  • Dites ce que vous demandez : quoi, à qui et pour quand.
  • Répétez le tout sans lire vos notes, jusqu’à retrouver l’idée principale sans effort.

Comment exprimer un désaccord sans attaquer la personne en face

La méthode DESC, étape par étape

DESC compte quatre étapes : décrire, exprimer, spécifier, conclure. La première consiste à nommer un fait observable, sans le grossir.

Évitez « vous n’êtes jamais à l’heure », cette phrase qui fait soupirer toute la salle. Dites plutôt : « Le tableau de suivi n’a pas été mis à jour depuis lundi. » Le fichier le confirme.

Trois étapes après le fait

  1. Exprimez votre ressenti

    « Je m’inquiète, car les chiffres sont incomplets. » Réussi si la phrase commence par « je ».

  2. Proposez une demande

    « Peut-on mettre à jour les chiffres avant de valider ? » Réussi si votre interlocuteur peut répondre.

  3. Reprenez la décision

    « Nous mettons les chiffres à jour aujourd’hui, puis nous décidons. » Réussi si chacun sait quoi faire.

Séparer son avis sur le fond de l’application de la décision

Dites votre désaccord avant que le groupe tranche. Exemple : « Je ne suis pas d’accord avec le 15, car l’équipe support sera réduite. Peut-on regarder le 22 ? »

Être contre sur le fond n’empêche pas d’appliquer. Dites : « Je ne suis pas aligné sur ce choix, et je vais l’appliquer. » Dites-le une fois, clairement, puis tenez-vous-en.

Dire non et tenir une limite, en trois temps

Dire non sans se justifier à l’excès

Pour refuser, suivez trois temps. D’abord, reconnaissez la demande : « Je comprends que la présentation soit attendue lundi. » Le plus dur, c’est de ne pas vous excuser dix fois après.

Ensuite, dites non avec une raison courte : « Je ne peux pas la reprendre ce week-end, car je termine le dossier client. » Enfin, proposez une issue : « Je peux la relire lundi matin. »

Tenir face à l’insistance

Écrivez une phrase pivot de quinze mots au plus. Exemple : « Je comprends que ce soit urgent. Ma réponse reste la même : pas avant jeudi. »

Faites l’exercice à deux : une personne insiste deux minutes, l’autre répète sa phrase au même volume. Ne vous justifiez pas davantage : la répétition suffit. Pour aller plus loin, voyez la formation savoir dire non.

Ne cédez pas à la seule insistance

Sans information nouvelle, répétez votre phrase : céder à l’insistance vous fait perdre votre position. Mais si l’autre apporte un fait, un chiffre ou une contrainte que vous ignoriez, écoutez-le et réévaluez votre réponse. Sinon, vous paraissez sourd à ce qui change.

Interruptions et critiques : s’entraîner à répondre sans reculer

Quand on vous coupe la parole pendant une réunion

Pour cet exercice, il vous faut un partenaire. Présentez un sujet pendant deux minutes, et demandez-lui de vous interrompre trois fois. Le but est de garder le fil malgré les coupures.

Votre partenaire coupe souvent plus que prévu, et tant mieux : c’est le test. Ne sautez pas cet exercice, c’est le moyen le plus simple de tenir face à une coupure.

Face à une coupure, ces trois réponses suffisent :

  • « Je termine ma phrase. » Restez calme, puis reprenez là où vous en étiez.
  • « Vous m’avez interrompu trois fois. J’ai besoin de deux minutes pour finir, ensuite je vous écoute. » Nommez le fait et demandez un temps précis.
  • Si la coupure revient, faites une pause et gardez une voix claire.

Une critique vague : demander le fait précis

Critique vague ou pique

À éviter

« Ce n’est pas clair. » Vous vous excusez et refaites l’exposé.

Ce qui marche

« Qu’est-ce qui n’est pas clair, précisément ? » Vous obtenez le point à corriger.

À éviter

« Votre planning est irréaliste. » Vous répondez « Non, il tient très bien. »

Ce qui marche

« C’est possible, il est serré. Je propose de garder la date du 15 et de vérifier l’avancement vendredi. »

Quand vous animez la réunion, faire une place à chacun

Dès l’ouverture, fixez deux ou trois règles concrètes, comme « ne pas couper la parole ». C’est plus facile à suivre que « soyez à l’écoute ».

En cours de réunion, reformulez ce que vous avez entendu, puis posez une question précise. Si deux personnes s’opposent, demandez-leur où elles divergent.

Sans règle, c’est souvent celui qui parle le plus fort qui tranche.

À vérifier à chaque réunion

  • Comptez qui parle et repérez les personnes restées silencieuses.
  • Invitez-les directement à donner leur avis.
  • Demandez « Quel point vous semble encore à vérifier ? » pour faire sortir un désaccord.
  • Ramenez la discussion au sujet prévu dès qu’elle s’en écarte.
  • Reformulez chaque idée en une phrase et demandez si chacun s’y reconnaît.

Retenez l’essentiel : être assertif, c’est dire votre position avec respect, puis laisser l’autre répondre. Inutile de gagner chaque débat, il suffit d’être clair.

Votre prochain pas tient en une chose. Avant la prochaine réunion, choisissez un seul point de l’ordre du jour, écrivez votre phrase d’ouverture et répétez-la à voix haute deux fois.

Foire aux questions

Quel est le synonyme d’être assertif ?

Le synonyme d’être assertif, c’est s’affirmer avec confiance et respect, sans s’effacer ni imposer son point de vue. La nuance avec l’affirmation de soi tient au respect : l’assertivité défend votre position tout en tenant compte de celle de l’autre.

Quelle différence entre assertivité et affirmation de soi ?

La différence tient au respect de l’autre. L’assertivité est une façon de s’affirmer qui prend aussi en compte votre interlocuteur : vous défendez votre position sans écraser l’autre, et sans vous effacer.

Combien de temps faut-il pour progresser en assertivité ?

Il n’existe pas de durée type. Vous progressez en vous entraînant sur une situation précise : répétez la formulation à voix haute, puis utilisez-la dans une vraie réunion.

Plus vous la répétez, plus elle vient naturellement. Inutile d’attendre d’être à l’aise pour commencer : c’est la pratique qui rend la phrase naturelle.

L’assertivité peut-elle s’apprendre à tout âge ?

Oui, l’assertivité s’apprend à tout âge, à condition de s’entraîner. Les exercices qui suivent sont prévus pour les adultes, et vous pouvez les faire seul ou en binôme. Bonne nouvelle : il ne faut pas être né meneur pour y arriver.