Étapes d’une séance de codéveloppement entre pairs

Le protocole de codéveloppement compte six temps, et certains guides en ajoutent un. Sans repères, une première séance part vite dans tous les sens, et on finit à se donner des conseils au lieu de travailler la situation.

Comment mener une séance soi-même, avec qui et selon quelles règles ? Dans cet article, je vous guide pas à pas, du cercle de départ jusqu’au bilan.

Le déroulé d’une séance en un coup d’œil

Le protocole court compte six temps. Certains guides en ajoutent un, et le format du Cnam en compte huit.

Ma première séance, assis en cercle, le groupe a vite glissé vers les conseils. Tenez-vous-en aux six temps.

Voici la durée de chaque temps du format du Cnam.

Bloc Premier temps Second temps
Ouverture Sujet et exposé : 15 min Clarification : 15 min
Cœur Consultation : 25 min Synthèse : 2 min
Fin Bilan : 10 min Engagements : 10 min
Combien de temps prévoir

Pour six à huit personnes, comptez deux à trois heures par séance. Ne montez pas tout d’un coup : choisissez une seule étape à mettre en place. Isolé dans votre rôle ? Voyez des pistes pour rompre la solitude.

Qui fait quoi autour de la table

Le client, qui apporte la situation

Le client, c’est vous le jour où vous apportez votre situation : un problème au travail, une décision difficile ou un projet à construire.

Inutile de venir avec un cas spectaculaire : une situation réelle suffit. À la fin, c’est vous qui choisissez ce que vous gardez des échanges et ce que vous en faites.

Les consultants, qui questionnent sans imposer

Quand c’est à vous de présenter votre situation, voici ce que les consultants font, et ce qu’ils évitent :

  • Ils écoutent votre récit jusqu’au bout, sans vous couper pour donner leur avis.
  • Ils posent des questions pour comprendre les faits, et proposent des pistes que vous êtes libre de suivre ou non.
  • Ils ne remplacent pas le client : c’est lui qui décide.
  • Ils n’imposent pas leur lecture de la situation.

L’animateur, gardien du cadre et du temps

Qui veille au temps et au cadre ? L’animateur. Il surveille le temps de parole, fait respecter le protocole et garde la qualité des échanges. Il n’a pas les réponses, il tient le cadre.

Un membre formé peut animer, ou un facilitateur extérieur, surtout au démarrage. Si votre groupe débute, je prendrais un facilitateur plutôt que de bricoler le rôle.

Les rôles

  • L’animateur

    Il tient le temps et le cadre, sans donner de réponse. Groupe qui débute ? Voyez l’atelier de codéveloppement.

  • Le client

    Il apporte sa situation réelle et garde la décision.

  • Le groupe

    Six à huit pairs, de niveau de responsabilité comparable. Les rôles changent à chaque séance.

Choisir le sujet et exposer la situation

Le groupe choisit un sujet parmi ceux proposés. Ce choix suit les 3P : problème, préoccupation ou projet. Pour bien les distinguer, voyez le glossaire du coaching.

Un problème est une difficulté déjà vécue, une préoccupation une inquiétude pour plus tard, un projet une initiative à construire. Moi, je prendrais un problème réel : on sait de quoi on parle.

Sujet flou ou situation travaillable

Sujet flou

  • « Comment mieux manager ? »
  • Aucun moment précis
  • Aucune personne identifiée
  • Impossible à vérifier après coup

Situation travaillable

  • « Comment annoncer la nouvelle organisation à mon équipe lundi ? »
  • Un moment précis
  • Des personnes bien identifiées
  • Une décision à prendre

Clarifier, puis poser le contrat de consultation

La clarification sert à comprendre les faits, sans solution : les consultants posent des questions, et la solution attendra, même si elle vous démange.

Le contrat vient ensuite : le client dit l’aide attendue, avis, pistes ou regard extérieur. Pour comprendre cette étape, lisez l’intérêt du codéveloppement en entreprise. Ne sautez jamais le contrat, sinon le groupe répond à côté.

Question ou suggestion ?

Question de clarification

« Qu’est-ce qui s’est passé la dernière fois ? » Elle demande les faits, rien de plus.

Suggestion

« Réunissez votre équipe chaque lundi. » Elle propose une action, à garder pour la consultation.

Pour vérifier le contrat, reformulez : « Si je comprends bien, vous cherchez à faire suivre vos décisions. » Le client confirme ou corrige.

Consulter, puis repartir avec un prochain pas

Pendant 25 minutes, vous vous taisez et vous écoutez. Le groupe donne ses analyses, ses conseils et ses suggestions. Prenez des notes, sans vous justifier ni répondre tout de suite. Croyez-moi, c’est le rôle le plus dur.

En synthèse, vous gardez ce qui vous parle :

  • Vous reformulez en deux minutes ce que vous retenez.
  • Vous décidez seul, sans être obligé de tout garder.
  • Vous écrivez vos propres actions pour votre plan, en cinq minutes.

Votre prochain pas

  1. Gardez une piste qui vous parle

    Une idée du groupe ou la vôtre.

  2. Faites-en une action précise

    « Je parle à mon directeur jeudi. » Quoi, et quand : c’est clair.

  3. Décidez seul

    Vous pouvez refuser une suggestion, et ça ne vexe personne.

Les règles qui gardent le groupe en confiance

Lors de ma première séance, on a écrit nos règles sur une feuille avant de commencer. Personne n’a protesté, et ça m’a rassuré. Relisez-les ensemble à chaque séance : elles tiennent le groupe. Mon avis : ne sautez pas cette étape.

Cinq engagements tiennent le groupe :

  • Confidentialité : ce qui se dit ici reste ici.
  • Participation : venez régulièrement et prenez une part active.
  • Bienveillance : écoutez sans juger.
  • Respect : laissez chacun finir.
  • Engagement : tenez vos promesses.

Solution trop tôt ?

Ce qui marche

Demandez : « Qu’est-ce qui se passe exactement ? » Et écoutez jusqu’au bout.

À éviter

Glisser « Faites ceci » avant d’avoir compris la situation.

Ce qui marche

Quand l’idée vous démange, posez une question de plus.

À éviter

Couper le client pour lui donner votre solution.

Apprentissages et bilan : le dernier quart d’heure

La fin de séance dure vingt minutes : dix pour dire ce que chacun a appris, dix pour revenir sur les engagements.

Une fois par mois, c’est le bon rythme : on a le temps d’agir et de tenir sa promesse. Pour un groupe rodé, voyez les séances en visio. Un groupe qui saute ce bilan ne saura jamais s’il progresse.

Le bilan fait-il son travail ?

Juste après la fin de séance, posez-vous ces trois questions :

Chacun a-t-il nommé ce qu’il a appris, et pas seulement ce qu’il a aimé ?

Une pratique utile est-elle passée d’un participant à un autre ?

Le groupe a-t-il revu ses engagements ?

Retenez surtout ceci : suivez les étapes dans l’ordre, et ne sautez pas le contrat. Sinon, le groupe répond à côté.

Votre prochain pas ? Relisez les règles de votre groupe, puis choisissez une seule étape à mettre en place lors de la prochaine séance.

Foire aux questions

Quelle différence entre codéveloppement et coaching de groupe ?

En codéveloppement, une personne apporte sa situation et les pairs l’aident à avancer. En coaching de groupe, l’objectif est collectif et le coach conduit le travail.

Vous pouvez donc mener une séance vous-même, sans coach, et c’est ce qui me plaît.

Peut-on mener une séance de codéveloppement en visio ?

Oui, une séance de codéveloppement peut se faire en visio. Les étapes restent les mêmes, il suffit d’adapter leur durée au format. Et c’est là que l’animateur compte : à l’écran, on déborde vite, alors gardez quelqu’un qui surveille l’horloge.

Faut-il un animateur externe pour lancer un groupe de codéveloppement ?

Non, pas besoin d’un animateur externe pour lancer votre groupe. Un membre formé peut animer la séance, ou un facilitateur extérieur.

Au démarrage, un animateur formé vous aide surtout à garder le protocole, et ça évite de retomber dans les conseils.

Combien de personnes faut-il pour un groupe de codéveloppement ?

Comptez généralement six à huit personnes pour un groupe de codéveloppement. 😊 Avec moins de monde, les retours se raréfient. Avec plus, chacun attend trop longtemps son tour et la séance s’étire.